mardi, avril 03, 2007

Elhadj Baaba Maal

La richesse de la musique sénégalaise est incontestable. De la tradition, certains artistes comme Baaba Maal parviennent à reproduire l'essentiel pour le mélanger à des sonorités plus modernes. Son appartenance au peuple Toucouleur lui confère aussi un particularisme que l'on retrouve dans ses textes. Baaba Maal fait partie des plus grands atistes africains qui porteent la culture musicale de l'afrique vers les sommets des charts internationaux.

Baaba Maal est né 1953 à Podor dans la province du Fouta au Sénégal. Il fait partie du peuple Haalpulaar (ceux qui parlent le pulaar), des Peuls du Nord du pays. Il est issu d'une famille de pêcheurs, ce qui a priori ne le destine pas à une carrière de musicien. Mais sa mère chante pour le plaisir, dans les mariages et autres cérémonies. Le jeune Baaba Maal se familiarise ainsi avec les chants a capella et les mélodies traditionnelles.

Passionné par la musique, Baaba Maal commence à jouer avec des amis lors de ses vacances scolaires. En 74, après son baccalauréat, il choisit de faire le conservatoire de musique tout en poursuivant des études d'arts plastiques à Dakar. En fait, il n'envisage pas vraiment de devenir artiste mais plutôt professeur. Pourtant, il s'intègre en même temps que son ami de longue date, Mansour Seck à une association qui a pour but de promouvoir la culture peul, Lasli Fuuta. Ils parcourent ainsi une partie de l'Afrique de l'ouest avec un ensemble de 70 musiciens.

Les deux apprentis musiciens montent en 77, avec un autre musicien Mbassou Niang, Yeli Taaré Fouta, un groupe de musique traditionnelle. Ils prennent la route et suivent le fleuve Sénégal pour étudier sur le terrain les traditions musicales. Mais Baaba Maal souhaite compléter sa formation initiale. Il débarque donc à Paris en 82 et suit des cours au Conservatoire. Mansour Seck le rejoint et tous deux commencent à tourner avec une nouvelle formation Wandama, dans différents pays d'Europe, dans les universités et associations sénégalaises. A Bruxelles, ils enregistrent un premier duo, "Djam Leeli".

Daande Lenol


En 84, il rentre au Sénégal car sa mère vient de mourir. Il décide d'y rester. L'année suivante, il crée Daande Lenol (La Voix du peuple), groupe de neuf musiciens dans lequel on retrouve bien évidemment Mansour Seck et Mbassou Niang. Baaba Maal essaie de développer une musique proche de ses racines tout en y injectant des sonorités plus modernes : les instruments comme la batterie, la guitare électrique ou les claviers viennent côtoyer la kora ou le tama. Le jeune homme chante essentiellement en langue toucouleur et a bien l'intention de faire passer des messages, s'affirmant ainsi comme un chanteur "engagé". Rapidement, il sort une première cassette.

S'il est très connu dans les milieux peuls, Baaba Maal et son groupe se font réellement connaître par le public sénégalais quand ils se produisent en février 86 au théâtre Daniel Sorano de Dakar. Le concert est marqué par la personnalité du chanteur qui agit en véritable chef. Il enchaîne les morceaux et entre deux couplets se met à danser. Sa présence sur scène est impressionnante. Le concert est retransmis par la télévision nationale, ce qui constitue une excellente promotion.

L'année suivante, il donne une série de concerts en Europe et notamment à Paris, à la Chapelle des Lombards. En 88, la cassette intitulée "Wango" sort au Sénégal. La chanson "Demgalam" (Mon langage) aborde le sujet des minorités et leur droit à conserver leur identité culturelle. Elle évoque plus précisément la situation de la population noire (non maure) et en particulier peul en Mauritanie, ce qui provoque la colère des autorités de ce pays. Les cassettes et les disques de l'artiste sont alors détruits.

Baayo


Quasiment en même temps un producteur anglais retrouve les bandes de "Djam Leeli". Le patron de Island Records, Chris Blackwell signe alors Baaba Maal sur son label world music, Mango.

C'est en fait son passage au New Morning en novembre 89 et une tournée hollandaise qui vont lancer la carrière européenne de l'artiste africain. Baaba Maal participe aussi à "Passion" l'album de Peter Gabriel, découvreur de talents. En 90, il sort un "Taara", album intermédiaire avant le célèbre "Baayo" en 91 chez Mango. Si ce disque est produit à Londres, avec tous les instruments de la haute technologie d'enregistrement, c'est pour servir une musique épurée, très "roots", où le "yela", rythme peul lié au pilage du grain dans la société traditionnelle a toute sa place au côté de la voix aérienne du chanteur. Le succès en Europe et particulièrement en Angleterre est important. Il participe au Womad à Londres et au concert en hommage à Nelson Mandela qui se déroule à Dakar, aux côtés de Peter Gabriel, Youssou Ndour et le Super Diamono.

"Lam Toro" est le successeur plus groovy de "Baayo". Cet album sort en 93, suivi d'un album de remix concocté par les Anglo-saxons Simon Booth et Macka B. Ces morceaux dance ne conviennent pas à tout le monde. Certains y voient une dénaturation de sa musique. De toute façon , Baaba Maal enregistre entre les grosses productions européennes, des cassettes pour le marché local : "Yélé" en 93 ou "Tono" et "Tiim Timol" en 94.

Mais Baaba Maal est sur tous les fronts, soutenu évidemment par Chris Blackwell qui défend au mieux "son" artiste sénégalais. En 94, sort "Firin'In Fouta", album enregistré à Dakar dans le fameux Studio 2000, à Londres et à Bath dans les studios de Peter Gabriel. Plusieurs musiciens occidentaux renommés sont venus accompagner Baaba Maal sur ce disque : Jah Wobble (basse), Dave Bothrill (claviers) et Michael Brook (guitare). "African Woman" est le titre phare de cet album. Le chanteur enchaîne sur une tournée acoustique. Il passe par Paris à l'Elysée-Montmartre en novembre. Après des concerts "Africa Fête" aux Etats-Unis en juin 95, Baaba Maal fête les dix ans de Daande Lenol à Dakar en octobre où les Haalpulaar sont venus en grand nombre. Mais l'événement de cet automne 95, est le retour de Baaba Maal en Mauritanie pour un concert exceptionnel à Nouakchott les 19 et 20 octobre : en effet, depuis huit ans l'artiste peul ne s'est pas produit dans ce pays.

International Baaba


Baaba Maal est nominé en février 96 dans la catégorie "World Music" aux Grammy Awards américains. L'équivalent des Oscars en matière de musique récompense en fin de compte le groupe Deep Forest et en seconde position, Baaba Maal. S'il ne remporte pas le prix, le chanteur sénégalais est tout de même reconnu comme un des plus grands dans sa catégorie. En juillet de la même année, il fait la première partie avec le Daande Lenol, du célèbre guitariste Carlos Santana dans l'immense stade de Wembley en Angleterre. Ce concert fait partie d'une tournée européenne qui va de la Hollande au Portugal en passant par la Belgique, le Danemark ou l'Allemagne. En septembre, il se produit en Afrique du Sud à l'occasion du festival "Arts Alive International" de Johannesburg. Au début de l'année suivante, il entreprend une grande tournée de quarante concerts en Amérique du Nord

Au Sénégal, sortent deux autres cassettes "Aïwa" et "Souvenirs" fin 96. Là encore Le "roi du Yela" comme certains le surnomment semble vouloir satisfaire les accros de la tradition d'un côté et les partisans du modernisme et de l'esprit dance de l'autre.

En 98, sort le nouveau CD de Baaba Maal "Nomad Soul" sur le nouveau sous label de Island, Palm Pictures. Ce titre fait référence aux origines nomades de son ethnie ainsi qu'à l'esprit voyageur qui caractérise l'œuvre de Baaba Maal. Les musiciens jamaïcains Luciano et Robbie Shakespeare ainsi que les producteurs Simon Emmerson, Brian Eno, Jon Hassel et Howie B. font partie de la distribution prestigieuse de ce disque. On retrouve aussi les inséparables Mansour Seck à la guitare, Alioune Diouf aux percussions, Hilaire Chaby aux synthés et Assane Ndoye Cissé aux guitares de Daande Lenol. Le CD s'ouvre sur "Souka Nayo" hymne à la femme peule, soutenu par des chœurs irlandais.

Implication citoyenne


Baaba Maal tourne beaucoup dans le monde entier, ce qui lui donne l'occasion de sortir un enregistrement public en 99, intitulé "Live at the Royal Festival Hall". Il éprouve ensuite un réel besoin de poser ses valises, de retrouver les siens et de se ressourcer. Conscient de la place qu'il occupe dans son environnement, il n'hésite pas à s'investir dans des entreprises qui n'ont rien à voir avec la musique, comme dans l'agriculture ou dans l'hôtellerie. Il utilise aussi sa notoriété pour sensibiliser ses compatriotes aux ravages du sida dans son pays. A l'instar d'un Youssou N'Dour, le fait d'être un artiste internationalement reconnu lui confère une certaine responsabilité citoyenne.

En 2001, Baaba Maal revenant à des sonorités plus traditionnelles, enregistre dans un village à quelques encablures de Dakar, Mbunk, un nouvel album intitulé "Missing you (Mi Yeewnii)". Il retrouve là une ambiance de travail plus proche de la réalité qu'il souhaite voir apparaître dans ses morceaux et les bruits extérieurs (cris d'enfants et bruits d'animaux) s'y intègrent facilement. Cela ne l'empêche pas de retravailler et de mixer plus tard en Grande-Bretagne aux studios Real World de Peter Gabriel, et Abbey Road à Londres. Pour la promotion de cet album, Baaba Maal donne une série de concerts en France parmi lesquels Paris au Café de la Danse le 19 avril ou la grande scène du Printemps de Bourges la même semaine.

Cette même année, l'artiste Baaba donne un concert à Philadephie en janvier puis après un passage à Londres, il retrouve les Etats-Unis en août, puis en janvier et février 2002. Enfin le 15 mars, il est l'invité du Québécois Luc de la Rochellière lors d'un concert au Centre Culturel Français de Dakar (Sénégal).


Emissaire pour la jeunesse

En juillet 2003, Baaba Maal est nommé "émissaire pour la jeunesse" par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le musicien-ambassadeur a été choisi pour sensibiliser la jeunesse sur le SIDA, notamment. Il continue de tourner aux Etats Unis puis revient au Sénégal pour participer au concert de bienvenue du Sommet panafricain des jeunes leaders organisé par le PNUD le 27 juin 2004. Du 2 au 4 juillet, il fête sur scène à Dakar le 19ème anniversaire du Daandé Lénol en compagnie de Thione Seck, Fatou Laobé, Abuu Jubaa Deh, le rappeur Bill Diakhou et le tambour major, Doudou Ndiaye Rose. Manquait à l’appel Kawnding Cissokho, koriste du groupe, décédé. Baaba Maal en profite pour renouveler son appel pour «un soutien moral en faveur des enfants déshérités pour que l'Afrique puisse aller de l'avant». Cet anniversaire est aussi l’occasion de montrer sa solidarité avec sa communauté d’origine, Halpulaar.

Tradition ou modernité, le débat n'existe pas pour Baaba Maal. Ses racines lui ont donné une forte identité, mais c'est son esprit ouvert qui l'a mené vers le succès.

jeudi, février 22, 2007

Réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali

La coordination des Associations des réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali dit non à l’impunité et à la restauration du régime déchu de Sid’Ahmed Ould Taya, et demande à la communauté nationale mauritanienne et internationale de faire preuve de réserve, par rapport au processus de transition politique en cours dans notre pays.
Après notre communiqué de Ourossogui du 28 novembre 2006, nous avions jugé qu’il n’était plus nécessaire de produire un autre texte avant la fin de la transition politique en cours dans notre pays, dans la mesure où nous avions clarifié nos positions sur la question des déportés et, cela par rapport à ce processus de transition politique. Celui-ci prendra fin avec les élections présidentielles de mars 2007, après le déroulement des législatives couplées avec les municipales de novembre 2006 et suivies des sénatoriales de janvier 2007.

Toutefois, en raison des événements récents qui ont eu lieu dans notre pays et de l’impact qu’ils pourraient avoir sur son destin à court ou moyen terme, nous avons jugé opportun de sortir de notre réserve. Aussi, serions-nous amenés à commenter et à analyser des événements qui seront au fondement des arguments censés devoir conduire, aussi bien, nos concitoyens que la communauté internationale, à ne pas soutenir la transition politique en Mauritanie, et de ne pas reconnaître sa validité.


Ces arguments vont être construits autour des questions éthiques, religieuses, politiques, philosophiques relatives à la problématique de la justice, de l’impunité et de la réconciliation. Pour mener un tel plaidoyer, nous avons choisi de porter notre attention sur certaines déclarations émanant des acteurs et des observateurs tant nationaux qu’internationaux s’intéressant de près à la vie socio- politique de notre pays. Nous nous servirons comme tremplin d’événements plus récents qui, dans une large mesure, motivent notre présente démarche. Il s’agit :

  • du simulacre de procès dont le président Bush fut l’objet dans notre pays, en réponse à l’exécution de Saddam Hussein par la justice Irakienne
  • de la candidature de Ibrahima Sarr aux présidentielles de mars 2007
  • de la conférence de presse récente de l’ambassadeur Charles H. Twining chargé d’affaire de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Mauritanie
  • de l’entretien d’Ahmed Daddah président du RFD donné au journal mauritanien « l’éveil hebdo » et publié sur le site cridem le 13 février 2007.
D’autres événements plus anciens viendront corroborer les plus récents.

Il convient de rappeler, que ceux qui ont organisé ce simulacre de procès du président Bush sont ceux-là mêmes qui ont commandité, organisé et perpétré des actes criminels inouïs de nature raciste à l’endroit de leurs concitoyens noirs mauritaniens entre 1989 et 1991. A ce propos l’ONG française de défense des droits de l’homme à savoir Agir ensemble pour les droits de l’homme témoigne dans sa revue de juillet- août 1999 « en 1990, à la faveur de la guerre du golf et au motif d’un invraisemblable complot pro-israelien, plusieurs milliers de mauritaniens de race noire essentiellement des ethnies pulaar et Soninké sont arrêtés. Il s’agissait surtout de militaires et de fonctionnaires. Le gouvernement mauritanien fervent soutien de Saddam Hussein croyait-il par ses agissements sanglants affermir la domination maure sur le pouvoir. »

C’est par rapport à ces engagements sanglants, qu’il faut inscrire la décision historique de la cour d’assises de Nîmes qui le premier juillet 2005 a condamné par contumace à la peine maximale de dix ans de réclusion le capitaine mauritanien Ely Ould Dah, pour crimes de tortures sur de militaires négro-mauritaniens en 1990-1991.

Ce simulacre de procès du président Bush vient nous rappeler, que les partisans du régime baasiste de Saddam Hussein version maure sont toujours là et prêts à se faire entendre. La lâcheté et la mentalité de fruste sont ce qui les caractérisent le mieux. N’est-ce pas ceux-là mêmes, en 1999, par couardise ont rompu les relations diplomatiques entre l’Irak et la Mauritanie qui, pourtant, fut un des principaux alliés et plus sûr soutien au régime de Saddam. Cette alliance était si bien établi, au point que selon l’interview sur RFI de l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, la diplomatie irakienne, par le biais d’un ambassadeur, l’aurait prévenu, suite aux événements de 1989 qui avait opposé son pays et la Mauritanie, qu’un cas de guerre entre les deux, l’Irak prendrait part pour son allié mauritanien.

C’est par couardise et par intérêts de courtes vues exempts de toute morale politique, que ces anciens alliés de Saddam ont rompu leurs relations diplomatiques avec leurs frères irakiens en 1999 et noué des relations diplomatiques avec Israël sous l’égide du département d’Etat américain administré par les démocrates. Que les Etats-Unis d’Amérique et Israël ne soient pas dupes, le nationalisme arabe en Mauritanie est toujours vivace, comme en attestent les manifestations anti-américaines et israéliennes sous prétexte de la défense des intérêts nobles du peuple palestinien et, demandant toujours à cette occasion, à ce que notre pays rompe les relations diplomatiques avec l’Etat hébreux. Nous profitons de l’occasion, à notre tour pour demander à l’autorité palestinienne de ne pas saluer la mascarade de démocratie en cours dans notre pays, comme un de ses représentants a eu à le faire, il y a quelque temps.

Par ailleurs, il faut souligner que les dirigeants de notre pays meurent d’envie, aujourd’hui, de rompre les relations diplomatiques avec leurs parrains américains et israéliens, cependant ils craignent les menaces d’isolement diplomatique et économiques qui avaient pesées sur eux dans les années 1990, consécutives à leur soutien à Saddam Hussein lors de la première crise du golf. A cela, il faut ajouter leur crainte, de voir leurs parrains internationaux pencher du côté de leurs concitoyens noirs mauritaniens, victimes des violations massives des droits de l’homme (arrestations et détentions arbitraires, exécutions sommaires, pillages, destruction de villages, déportations de populations, viols, vols de biens, expropriations..).

Ces nationalistes arabes ne sont pas différents dans leurs méthodes des fanatiques islamistes qui causent la mort d’innocents pour traduire leur haine de l’occident et qui pourtant en Afghanistan, en Algérie, en Irak et dans d’autres pays arabes n’épargnent pas les populations locales. A ceux-là, nous répondons qu’en Mauritanie tout le monde est musulman depuis des siècles et que personne n’est à convertir. De toute façon nous ne sommes pas dupes, cet islamisme chez-nous peut être perçu comme une autre figure d’un nationalisme arabe qui a échoué à apporter une réponse satisfaisante aux masses arabes en soif de démocratie.

Au nostalgique de Saddam ou de Nasser, nous dirons que le nationalisme arabe béat aidé de l’esprit tribal, comme mode de gestion politique ne saurait gérer de façon satisfaisante des espaces multiculturels et multiconfessionnels ouverts au monde et à toutes les influences extérieures. L’homme de Tikrit l’a appris à ses dépends. La défense de la cause noble du peuple palestinien comme du droit d’Israël à la sécurité sont des causes universelles qui débordent l’espace moyen oriental. Toutefois, il faut souligner que la cause palestinienne n’est pas une question interne à la Mauritanie. Nous avons des questions internes qu’il urge de régler. Ne nous égarons pas, l’enjeu de notre pays est celui d’arriver à faire coexister dans notre espace multiculturel tous ses citoyens, en établissant une véritable démocratie source de justice de paix, de sécurité, d’acceptation et de respect des diversités.

La proclamation des grands principes et leur défense sont une chose, mais leur application sur le terrain est tout autre chez-nous, justement parce que nous en sommes très éloignés.

Aussi, au regard de ce que nous venons d’évoquer notamment concernant le simulacre de procès fait au président Bush, nous voudrions attirer l’attention de la communauté internationale que le nationalisme arabe a encore de beaux jours dans notre pays. En témoigne très récemment le décès à Nouadhibou (capitale économique de notre pays) d’un ancien membre de la garde présidentielle de Saddam Hussein qui avait trouvé refuge chez-nous, dans la clandestinité.

Certes, l’ancien allié de Saddam, à savoir Sid’Ahmed ould Taya a été renversé mais ses nervis, même s’ils s’en défendent, sous toujours au pouvoir et s’opposent, avec l’arrogance qu’on leur connaît, à toute possibilité de rendre justice à leurs victimes, mettant en garde toute velléité allant dans ce sens. L’exécution de leur mentor et protecteur Saddam Hussein ne les a pas désarmé. Ils sont toujours promptes à organiser des manifestations pour la cause palestinienne parce qu’ils juge cela plus digne d’intérêt et plus proche d’eux parce que c’est une cause qu’ils estiment arabe ; pendant ce temps les réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali victimes des nettoyages ethniques et des déportations qu’ils on perpétré, vivent depuis dix-huit ans, dans le dénuement total dans des camps situés dans les pays frontaliers au notre.

On s’émeut pour l’Irak de Saddam, en étant complètement en porte- à -faux par rapport au choix démocratique de son peuple composé de chiites, de kurdes, de sunnites, de chrétiens, alors que pendant ce temps, on traîne à organiser le retour dans la dignité dans leur pays de ses concitoyens déportés mauritaniens. Un comportement motivé par la peur et la lâcheté de se voir rendre compte de tant d’injustices qu’on n’ose pas assumer. On s’épuise dans de faux procès qui nous éloignent des urgences du moment.

Aussi, que la communauté internationale et les puissances occidentales sachent que le soi-disant processus démocratique dans notre pays risque de voir le retour des tenants du pouvoir sous le régime raciste soi-disant déchu de Ould Taya. Et, cela par le biais d’achats de consciences, du népotisme, du clientélisme, de pressions sur les électeurs, de soutiens de candidats par une administration sortie de son devoir de resserve et de neutralité, de l’exclusion de bon nombre d’électeurs noirs du fichier électoral, d’un découpage électoral fallacieux.

En réalité les autorités de transition ont opéré la restauration du régime déchu, à travers la victoire de candidats indépendants dont ils ont suscité les candidatures et qu’ils ont soutenu par la suite. Par ces pratiques malhonnêtes, ils ont brisé l’espoir de tout un peuple qui avait cru que l’avènement du putsch d’août 2005 aurait ouvert à notre pays, comme promis par les nouveaux maîtres du moment, la voie d’une démocratie réelle. Ces pratiques ont conduit à saper l’adhésion libre des citoyens aux partis qui se sont toujours opposés à la dictature du régime antérieur, et elles leur ont substitué des candidats qui sont des instruments de la restauration d’un régime qu’on croyait révolu.

On nous rétorquera que ces candidats instruments, qu’ils soient chefs de tribu ou de clan ou de case existent bien et représentent un ordre incontournable de notre société. Cela porte à croire que le modèle de l’homme de Tikrit inspire toujours ses disciples mauritaniens qui rêvent toujours de le perpétuer, de faire renaître le baasisme de Saddam hussein de ses cendres, avec la collaboration souvent inconsciente ou consciente des nègres de service qui n’ont peut-être rien compris de ce qui se trame, pourtant sous leurs yeux.

Il appartient à nos intellectuels honnêtes qui aiment ce pays, toutes communautés confondues de faire barrage à cette volonté de nous ancrer dans la période médiévale. Faites de votre devise celle par laquelle Emmanuel Kant résume le siècle des lumières : Sapere Aude (Ose savoir). Afin de barrer le chemin à l’obscurantisme, le chemin à ce qui vous disent « Ne raisonnez pas, Obéissez », le chemin de ce qui veulent vous enfermez dans un communautarisme qui vous ôte tout esprit de liberté et toute autonomie de pensée. On ne peut nier que nous appartenons et naissons dans des cultures, mais les cultures ne doivent pas être des carcans pour nous.

Aussi rappelons, que dans notre saint coran Allah ne dit-il pas « ô hommes ! Nous vous avons créés d’un Mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux nous apprend » (cf. Coran sourate 49-verset 13).

Quelle piété y a-t-il dans le massacre de ses concitoyens négro-mauritaniens, simplement parce qu’ils revendiquent leur différence culturelle face à des arabes. N’est-ce pas la même logique morbide qui guide le gouvernement du Soudan au Darfour, et a guidé Saddam Hussein face aux kurdes). Saddam Hussein ne saurait être un modèle que pour des gens malades, vivant une crise d’identité profonde insurmontable et qui ont peur de la différence et, qui a conduit des gens comme Hitler, Milosevic, des rwandais au désastre que nous connaissons ; parce qu’oubliant toutes les valeurs d’humanisme que la démocratie tente tant bien que mal de réaliser.

Aussi, que la communauté internationales et les puissances occidentales sachent, que le soi-disant processus démocratique en cours dans notre pays annonce le retour subtile et triomphal du chauvinisme d’Etat sous la forme que avons décrié ici et, que tous les progressistes mauritaniens de bonne foi ont toujours combattu. Ce chauvinisme reviendra avec une onction d’une soi-disant légitimité fort douteuse, pour maintes raisons que nous avons largement énumérées ici. Un triomphe que malheureusement, les partenaires de notre pays dans le cadre de processus électoral vont contribuer à asseoir.

Raison pour laquelle nous demandons à ces partenaires (CE, NDI, PNUD, OIF, UA…) de ne pas se prêter à ce jeu qui pourrait nuire à leur crédibilité et cela eu égard, ne serait-ce qu’à l’impunité prônée par nos autorités à l’égard des violations massives des droits de l’homme, que nous avons susmentionnées clairement ici et, par rapport aux quelles la justice française a commencé à statuer, avec la condamnation par contumace à dix de réclusion de l’officier mauritaniens pour crimes de tortures.

Ce sont les commanditaires de ces crimes barbares dont l’atrocité, est à la mesure de leur arrogance, qui tenteront avec l’énergie et la cruauté qu’on leur connaît à s’opposer à toute justice et cela même dans l’Etat de droit qu’ils prétendront avoir contribué à mettre en place. Dans ce soi-disant Etat de droit l’impunité sera de règle, pour cause, leurs candidats-instruments sont déjà assurés qu’ils gouverneront, puisqu’ils sortent vainqueurs des élections législatives, municipales et sénatoriales d’un processus électoral contrôlé de main de maître, par ceux qui ne se sont pas prêts à s’amender des crimes qu’ils ont commis. Ils seront suivis en cela, par des dirigeants de partis politiques qui soit adhèrent à la logique de restauration et joue leur partition, ou soit espèrent limiter leur échec aux élections précédentes, en gagnant les présidentielles. Maigre consolation dirions-nous !

Par ailleurs, en lisant dans le journal mauritanien « sud Hebdo » l’interview de Ahmed Daddah président du RFD et membre de la coalition de la CFCD à savoir les grands perdants de ces élections susmentionnées, nous croyons y déceler un accent d’ironie et de découragement. En effet, après avoir récemment dénoncé avec véhémence l’immixtion des militaires dans le processus électoral, il est amené à partager toute les positions de nos autorités de transition sur la solution à apporter au passif humanitaire des années 1989-1991 et à celle des déportés, et à prôner le retour du dictateur Ould Taya, en exile au Qatar, dans son pays, avec tous les honneurs. Est-ce une nouvelle stratégie de celui qui ne voudrait pas que les autorités de transition l’accusent de contribuer à faire échouer un processus de transition politique qui dans tous les cas est voué à l’échec ?

De toute façon, il appartient en connaissance de cause, aux partenaires de la Mauritanie dans le cadre de ce processus de transition de faire preuve de retenue. A chacun des partenaires, il ne manque pas de raisons.

La retenue de la communauté européenne se justifierait au regard du non-respect de ses commandements par les autorités de transitions notamment celui concernant l’engagement No 3, à savoir leur engagement « à garantir la neutralité des membres du CMJD, du gouvernement de transition, de l’administration centrale et territoriale et de la magistrature pendant les processus électoraux qui auront lieu pendant la période de transition. » Au regard de la polémique autour des candidatures indépendantes suscitées par les autorités de transition et de l’appui qui leur a été apportée lors des opérations de vote, tout cela porte à croire que la neutralité évoquée par le commandement No 3 n’a pas été respecté.

Il en est de même du commandement No 14 selon lequel, les autorités de transition « s’engagent également à lancer immédiatement le processus de création d’une commission nationale indépendante des droits humains. Elles s’engagent également à faciliter le retour des réfugiés dont la nationalité mauritanienne est établies et à prendre des mesures nécessaires pour leur intégration dans leurs droits y compris dans le cas des fonctionnaires ».

L’engagement américain dans notre processus de transition électorale, à travers le soutien financier apporté au NDI est toutefois teinté d’une certaine réserve, comme en témoigne le propos de Charles.H Twining chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Mauritanie. Des propos selon lesquels « Depuis, le 3 août 2005, les Etats-Unis d’Amérique, parce qu’ils désapprouvent les coups d’Etat, n’ont jamais versé de l’argent au gouvernement de transition, sauf dans le cadre de l’aide humanitaire. »(cf. cridem : conférence de presse Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique- 11 février 2007).

Reconnaissant, par ailleurs, que depuis presque deux décennies, les investissements de son pays en Mauritanie ont chuté « Il a lié cette régression au passif humanitaire et à la position du régime à l’époque par rapport à la première guerre du Golf, provoquant le départ de l’USAID ». Il faut ajouter que les régimes qui connaissent des problèmes ne doivent pas compter sur le Pansahel en tant que structure de concertation pour la lutte contre le terrorisme transsaharien. Cela a été clairement précisé lors de la rencontre du mois de février à Dakar, entre les commandements militaires de la région et le commandement américain basé en Europe.

A l’Union africaine, il convient de rappeler que ne seront pas appliqués les recommandations de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples appelant la Mauritanie, entre autres, à ordonner l’ouverture d’une enquête indépendante afin de clarifier le sort des personnes portées disparue, d’identifier et de traduire en justice les auteurs des violations perpétrés à l’époque des faits incriminés. » Il s’agit, bien entendu, des cas de violations graves et massives des droits de l’homme imputés à la Mauritanie entre 1989 et 1991. Des violations qui se sont traduites par des arrestations arbitraires, des exécutions sommaires de militaires et de civils noirs, de pillages, des vols de biens, de viols …

Ces recommandations ne seront pas tenues, dans la mesure où les autorités de la transition et leurs complices ont proclamé publiquement, qu’aucun responsable présumé de ces violations gaves des droits de l’homme de caractère raciste, ne comparaîtra devant aucune juridiction, qu’elle soit nationale ou internationale.

A l’OIF
, toujours prompte à saluer le processus électoral dans notre pays, nous demandons aussi une certaine retenue, dans la mesure où la France dont le rôle est prépondérant dans cette organisation a ouvert une brèche dans l’édifice de l’impunité de nos autorités, avec la condamnation de l’officier mauritanien susmentionné et qui doit bien un jour purger sa peine.

Il faut insister sur le fait que cette impunité nous sera imposée par notre gouvernement de transition et cela même dans le cadre du soi-disant Etat de droit, qu’ils auront largement contribué à instaurer et qui sera dirigé par les hommes de leur choix, comme nous l’évoquions plus haut.

Au regard d’une telle impunité, le PNUD en tant que démembrement de l’ONU devrait faire preuve de plus de retenue que tout autre acteur international. Car s’il est vrai que l’ONU a pour vocation fondamentale d’assurer et de garantir la paix mondiale, il n’en demeure pas moins que depuis la création des tribunaux pénaux internationaux pou le Rwanda et l’ex-Yougoslavie, pour ne citer que ceux-là, l’organisation manifeste clairement sa volonté de traduire en justice les responsables des violations graves et massives des droits de l’homme.

Pour parler plus particulièrement du PNUD/Mauritanie, faut-il croire que le brouillard autour de sa décision, en tant que responsable de la coordination du collectif d’appui au processus électoral dans notre pays, de renoncer au financement de l’opération de confection de quatre millions de bulletins uniques devant servir aux scrutin électoraux, témoignerait d’une certaine réserve par rapport au processus électoral en cours dans notre pays ? Toutefois, soulignons que la raison alléguée par PNUD/Mauritanie est son opposition au décaissement d’un montant important suivant une procédure de gré à gré jugée « tardive »(cf. cridem /calame : brouillard autour du bulletin unique- 1 novembre 2006).

Pourtant, tout le monde doit se rendre à l’évidence, que la promotion par la communauté internationale de la justice pénale internationale est une alternative aux échecs, aux obstacles, à l’inadéquation des systèmes judiciaires nationaux. La communauté internationale est consciente du besoin de poursuivre en justice les personnes responsables des violations graves du droit international. Aussi, Ould Taya et ses acolytes responsables des violations massives des droits de l’homme perpétrés en 1989-1991 ne seront jamais à l’abri de poursuites judiciaires. Ils ne pourraient s’en tirer que dans le cadre d’un processus de réconciliation nationale qui aurait dû être en amont de tout processus de transition politique. Pour qu’un tel processus de réconciliation soit véritable, il faudrait qu’il mérite la confiance de l’ensemble du peuple et surtout que les victimes des crimes y adhérent et acceptent de pardonner à leur bourreaux au nom de la stabilité et de notre unité nationale.

D’ailleurs, on parle de pardon et réconciliation nationale à tout bout de champ, alors que jusque-là l’Etat mauritanien n’ même pas demander pardon à ses victimes. On peut mesurer ainsi l’arrogance de nos autorités de transition, les sbires et nervis du dictateur déchu ould Taya, à qui il demande de revenir tranquillement chez-lui, avec tous les honneurs dûs à un ancien chef d’Etat. Charles Taylor aussi est un ancien chef d’Etat, pourtant il croupi aujourd’hui en prison.

Au regard de l’impunité que nos autorités cherchent à imposer au peuple mauritanien au travers une transition politique déjà controversée, il y a lieu de s’interroger sur l’opportunité de la candidature de l’ex-député Ibrahima Sarr aux présidentielles de mars 2007, soutenue en cela par l’initiative dénommée Mouvement Pour La Réconciliation Nationale au fondement duquel se trouvent l’Alliance Pour La Justice Et La Démocratie, Collectif Pour Un Changement Démocratique et d’autres personnalités. Cette Démarche a été saluée par les Flam/Rénovation par la voix de son Président Bâ Mamadou Bocar et par notre Doyen Mourtodo Diop.

Ces derniers voient dans cette candidature, la possibilité de poser au plan interne, entre autres, la question du passif dans ses deux volets (la nécessité de juger les crimes de sang et le retour des déportés). A ces possibilités, il faut ajouter l’incontournable question nationale celle relative à la coexistence de nos communautés nationales dans le respect de chacune et dans la paix (cf. cridem.- Murtodo Diop : nous soutenons la candidature de Ibrahima Sarr-12 février 2007). Dés lors, en raison de la volonté affichée de nos autorités de ne pas traduire les responsables du passif humanitaire, les risques de confrontations ne sont pas à exclure.

Les FLAM originelles comme la Coordination des Associations des Réfugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali, sans être nullement affiliées l’une à l’autre, rejettent chacune, pour sa part, le processus de transition politique en cours dans notre pays. Elles estiment que les jalons d’une véritable réconciliation n’ont pas été posés par les autorités de transition. Dans un article fulgurant, notre compatriote Oumoul Khairy Dieng appelle la communauté noire à un sursaut salutaire face à la volonté de la domination maure, qui selon elle se confirme par l’assemblée nationale mono-ethnique issue des élections législatives de novembre 2006. Elle confirme à son tour, de façon remarquable, le chauvinisme d’Etat que les intellectuels des FLAM originelles ont toujours affirmé et dénoncé.

Profitons au passage, pour saluer ses leaders Samba Thiam, Kaaw Touré et Ibrahiama A Sall…, pour la constance et la rigueur dont ils font preuve dans le combat qu’ils mènent contre l’arbitraire. Toutefois, n’oublions pas de souligner que nous avons des compatriotes maures qui aspirent à l’unité de notre pays et à sa stabilité et dont les attaques contre le racisme dans notre pays sont d’une rare virulence.

Pour revenir à la question de l’impunité, nos autorités se sont engagées dans ce que notre compatriote othman Sid’Ahmed Yessa appelle, dans une belle formule, la « tentative de dépassement amnésique » qui comporte selon lui deux dangers pour la cohésion et la paix civile à savoir que, d’une part « n’importe quel gouvernement issu des urnes, quand il héritera de contradictions aussi conflictuelles- passif humanitaire et les déportés, la définition de l’école publique- y perdrait sa stabilité, à moins qu’auparavant, la période de transition n’allégeaient la charge ; et que d’autre part, aucun souverain démocratique, quelqu’un soit la légitimité, n’empêcherait les citoyens lésés d’ester en justice…une partie de la Mauritanie jugera l’autre ; l’administration et les forces armées n’échapperont pas au déchirement général » (cf.cridem : en solidarité avec les déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali-28 octobre 2005). Ould Yessa, vivant toujours en exil, est un artisan de la déclaration de Dakar d’août 2005.

Nous pensons, pour notre part que les termes de la déclaration de Dakar auraient servi comme base d’une véritable réconciliation nationale, la coordination des associations des réfugiés au Sénégal et au Mali exprime toujours son attachement à cette déclaration à laquelle, elle a adhéré publiquement dés sa proclamation. Voilà ce qu’en pense un autre artisan de cette dite déclaration.

Il s’agit du Lieutenant de vaisseau Diop Moustapha ancien ministre de sa république, toujours en exil par solidarité avec les réfugiés, au même titre que Ould Yessa. Il écrit « je pense profondément que les termes de la déclaration de Dakar auraient pu et peuvent encore servir de référence au traitement des profondes blessures que Ould Taya a infligées au pays…la réconciliation nationale ne sera que lorsque nous aurons le courage de reconnaître les fautes, contre notre volonté commises, et que nous nous décidions, résolument à panser, en profondeur, nos blessures…c’est qu’elles ont été profondes…la gangrènes menace. Lorsque en Afrique du Sud Mandela et Desmond Tutu favorisèrent l’installation de la commission Vérité / Réconciliation, le monde entier a compris que le pays était sauvé » (cf. cridem : opinion Diop Moustapha- 5 avril 2006).

C’est dans le même esprit , pour sauver notre pays, et dans un élan de solidarité avec ses frères déportés, que le Pr Ely Moustapha écrit « Devrions-nous attendre un Tribunal Pénal International pour la Mauritanie, pour que conscience soit prise et sanctions adoptées. Bien évidement que non, si dans un sursaut de conscience nos responsables, sous notre pression, réagissent afin que le pire soit évité » (cf. cridem- 31 décembre 2006).

Cet appel du professeur Ely Moustapha ne va pas, sans qu’il nous rappelle la jurisprudence en matière de droit pénal international relative à la déportation et au transfert forcé. Il rappelle à cette occasion que la chambre de première Instance du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie « souligne que la déportation et le transfert forcé sont condamnés de la même manière.» La première désigne le déplacement d’individus en dehors de leur Etat d’origine. La seconde vise le déplacement d’individus à l’intérieur d’un Etat.

Par ailleurs, nous pensons qu’il convient de préciser qu’il est admis que l’Etat mauritanien s’est livré à des actes de déportations, des opérations de nettoyage ethnique qui ont conduit à des tortures et des crimes de sang de caractère raciste, il va falloir situer toutes ces exactions dans les cadres généraux de crime contre l’humanité et de génocide tels que les défissent, d’une part le Tribunal International de Nuremberg de 1945, et d’autre part la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide approuvée le 9 décembre 1948, à la veille de la déclaration universelle des droits de l’homme :
  • les crimes contre l’humanité, c’est-à-dire l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout acte inhumain commis contre toute population civile avant ou pendant la guerre…..
  • les génocides sont définis comme l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire en tout ou partie un groupe national ethnique, racial ou religieux, comme tel : meurtre de membres du groupe, atteinte à la mentalité physique ou mentale de membres du groupe, soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle, mesure visant à entraver les naissances au sein du groupe, transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe…
Aussi à ces esprits médiévaux lourds et obtus qui pensent qu’en tuant un homme volontairement ou en le mal traitant, qu’il suffit de compenser ces préjudices, en lui versant des indemnités, pour croire qu’on est quitte avec soi-même. A ceux-là nous dirons que l’homme ne vit pas que de pain. Il vit aussi en nous tous nos chers disparus qui, comme nous ont été créé à l’image de Dieu.

Par ailleurs, il y a de quoi de frémir pour notre pays, quand on sait que nos autorités se sont livrées à des crimes contre l’humanité et des crimes de génocide à l’endroit d’une catégorie de la population de notre pays. Et si l’on se réfère aux comportements des leaders de génocide, nous avons des raisons supplémentaires de craindre le pire pour notre pays. La procureur Carla d’El Ponte près du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, nous donne une idée de ce type de comportement et nous donne son avis sur le problème lié à la Réconciliation dans le contexte qui est le sien.

S’adressant particulièrement à des diplomates et des ambassadeurs perplexe quant à l’impact de la justice sur la paix, lors d’un colloque, elle laisse entendre que les leaders des génocides n’ont exprimé aucun signe de remords, qu’elle n’a vu aucun signe de réconciliation et que de toute façon son objectif c’est de rendre la justice, celui de poursuivre les plus hauts responsables, que cela ait un impact politique, cela est secondaire pour elle. Pour ces propos tenus lors d’un colloque tenu en octobre 2006 par des procureurs internationaux à la Hayes et, ayant pour thème : l’impact de la justice internationale sur la lutte contre l’impunité des personnes soupçonnées de crimes de guerre, nous vous renvoyons au quotidien sénégalais Walfdjri du 9 octobre 2006 No4371.

Il apparaîtra, que Luis Morero ocampo le procureur de la cour pénal international est le seul à se démarquer des propos tenus par Carla d’El Ponte et, de façon diplomatique. Il conçoit son mandat de façon plus large, selon lui « justice et paix doivent travailler ensemble, dit-il, les victimes ont besoin de manger. » Certes, mais que cela ne soit pas un prétexte pour qu’une coopération, à géométrie variable des Etats au nom d’intérêts souvent inavoués, n’empêche de livrer ou de traduire en justice des responsables de crimes contre l’humanité. Par ailleurs, que le principe de souveraineté nationale que proclame tout haut les Etats génocidaires ne soit pas un obstacle au devoir et au droit d’ingérence.

Le simulacre d’Etat de droit qui sera mis en place dans notre pays au terme de la transition qui s’achèvera le 11 mars 2007 ne saurait nous imposer l’impunité, à supposer même qu’il invoque le principe de souveraineté nationale ou une quelconque loi d’amnistie notamment celle qui fut adoptée en 1993, par l’assemblée nationale d’un régime de dictature, afin de couvrir les crimes contre l’humanité qu’il a commis. Un régime que les autorités de transition ont déchu et qu’elles ont déjà réhabilité, pour ne pas dire, restauré, à leur manière. « La souveraineté politique donne-t-elle le droit d’opprimer ses propres citoyens ? »(cf. cridem- 16 décembre 2006).

Ainsi, s’interroge, notre compatriote Ahmedou ould Abdallah à titre de Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en Afrique de l’ouest. Une interrogation sur fond d’évocation du droit d’ingérence. Selon lui, la réponse est certainement non ! Il nous renvoie à la résolution du conseil de sécurité No 1674 du 28 avril 2006.

Par ailleurs, faut-il que la souveraineté politique que brandira les autorités mauritaniennes pour faire obstacle à la justice soit remise en question, par les déchirements internes ou de possibles pressions économiques sur notre pays ou des ingérences extérieures de toutes natures, pour qu’un cette faveur, enfin, sur les ruines d’un Etat défait, se mette en place en place, une nouvelle souveraineté politique plus soucieuse de la justice et de la sécurité sans exclusion de tous les citoyens de notre chère Mauritanie. Face à de tels périls, il y a lieu de se demander pourquoi ne pas prolonger la transition même de dix ans, si cela devait permettre de régler les problèmes cruciaux de notre pays, comme l’écrit, notre compatriote Amadou Alpha Bâ sur le site Web de cridem le 19 janvier 2007. Peut-être, que cela nous fera éviter le pire.

Pourtant il y a lieu de méditer cette citation dont nous fait part le Pr Ely Moustapha et qu’il attribue à la sagesse des siècle: « Un Etat peut se bâtir (perdurer) sur la mécréance mais il ne peut se bâtir sur l’injustice ».

Que nos intellectuels progressistes informent nos déshérités, les victimes de l’esclavage, de l’exclusion sociale, des féodalités de tentes ou de case : que ce processus de transition démocratique de façade traduit le retour de l’ancien, le retour de ceux qui veulent continuer, à travers ce processus vous mettre la corde au cou. Ignorez leurs mascarades d’élections dont les résultats sont déjà connus. Il y va de l’avenir de notre pays.

Au FONADH, à travers ses personnalités imminentes, Son président Sarr, Boubacar Ould Messaoud, Me Fatimata Mbaye, Cheikh Saadbou Camara, Diabira Maroufa, nous demandons de continuer à jouer leurs rôles de vigiles de notre société.

Boubacar Ould Messaoud
avait compris très tôt ce qui se jouait pendant cette transition politique en cours dans notre pays. Il voit dans le refus du gouvernement de se pencher sur le problème de cohabitation de nos communautés nationales, comme la continuité du régime déchu. Aussi dira-t-il lors des journées de la commémoration de la journée internationale des droits de l’homme en décembre 2005 « les dernières années de la dictature ont fortement contribué à l’enracinement, quasi-institutionnel, d’une nouvelle citoyenneté, au terme de quoi les descendants d’esclaves et les négro-africains devaient, en attendant des reformes ou l’action du temps se contenter d’une position de seconde zone….une frange minoritaire mais très influentes de la communauté nationale qui constitue un blocage au règlement des problèmes des droits humain…frange particulièrement sensible aux faveurs de naissance et se considèrent, en matière de richesses et de répression de l’homicide, bien au-dessus de des autres compatriotes »(cf. cridem-12 décembre 2005).

C’est « l’esprit de corps » qui anime cette frange minoritaire de notre société et qui constitue le fondement de l’Assabiya dont notre notre sociologue national Adoul Weddoud Ould Cheikh dit à son propos, en référence à Ibn Khaldoun, qu’elle est basée sur la solidarité agnatique et fonctionne sous forme de cercles concentriques, de proche en proche. C’est ce type de solidarité qui explique, en grande partie, le bloc que forme les congénères tribaux autour des présumés responsables des violations massives des droits de l’homme dans notre pays, afin que leurs protégés ne répondent pas de leurs crimes. C’est cette même solidarité, avec ses réseaux de clientèle maure issus de l’Assabiya qui empêchent l’esclave domestique, dans l’espace rural maure, d’échapper à la servitude, en générant chez ce dernier une parenté fictive. Nous vous renvoyons à ce propos à la thèse de El Arby Ould Saleck intitulé : Haratins : le paysage politique mauritanien- Harmattan 2003- p83.

C’est à cet égard, que nous voudrions rappeler au leader Haratine Messoud Ould Boulkheir président de l’Alliance populaire progressiste (APP), à la pointe de la lutte contre l’esclavage dans notre pays, que les élections qui jalonnent en ce moment notre transition politique n’ont pas échappé au tribalisme. De ce tribalisme dans la vie politique, voilà ce qu’en pense Melchior Mboninpa « La tribu défait presque inévitablement la conception d’un parti qui serait un rassemblement d’individus partageant des idées et des opinions semblables. Dans les faits, les partis se remplissent de congénères tribaux : l’appel du sang et terroir établit une solidarité autrement plus solide que les opinions exprimées » (cf. Mbonimpa Melchior : Ehtnicité et démocratie en Afrique, l’homme tribal contre l’homme citoyen- l’Harmattan-1994- p 45).

A vous de juger le mal que nous a causé nos autorités de transition, en suscitant des candidatures tribales dans le cadre de sa transition démocratique de façade jalonnée de pratiques antidémocratiques, que nous avons dénoncées ici.

De toute façon, l’impunité prônée par les tribalistes et les racistes ne passera pas. Nous comptons beaucoup sur l’AVOMM et, à travers elle, son président Ousmane Sarr, que nous saluons pour le travail colossal qu’il a entrepris jusque-là, en vue de traduire en justice les responsables des crimes épouvantables commis dans notre pays. Nous fondons beaucoup d’espoir dans son entreprise de réhabilitation des victimes de la dictature. Nous profitons de l’occasion pour saluer aussi les ONG nationales et internationales de l’appui précieux qu’elles apportent aux victimes de la dictature dans notre pays, pour ne citer ici que la Raddho, Agir ensemble pour les droits de l’homme, justice Initiative, Refugees International, AMDH/Mali…

Nous n’oublirons pas les autorités du Mali et du Sénégal, dans nos remerciements, en raison de l’aide qu’elles apportent au réfugiés au mauritaniens dans leur pays et cela sous la protection bienveillante du HCR, malgré la limite des moyens financiers dont ils disposent.

Puisque la question du racisme, de l’esclavage et de la justice sont au cœur des difficultés qui minent notre pays, nous invitons, une fois de plus nos autorités à méditer ces propos choisis du discours du président Bush en juillet 2003 à l’île de Gorée : « le cheminement de mon pays vers la justice n’a pas été facile et n’est pas fini. Le sectarisme d’ordre racial alimenté par l’esclavage ne s’est pas achevé avec la fin de l’esclavage ou de la ségrégation. Un grand nombre des questions qui troublent encore les Etats-Unis ont leur origine dans l’expérience cruelle d’une époque antérieure. Toutefois, quelque soit la longueur de ce cheminement, notre destination est fixée, à savoir la liberté pour tous. Tout au long des siècles, les Etats-Unis ont appris que la liberté n’était pas la possession d’une race. Nous savons avec autant de certitude que la liberté n’est pas la possession d’une seule nation. Cette croyance dans les droits naturels de l’homme, dans l’idée que la justice doit régner partout où le soleil brille, guide les Etats-Unis dans le monde » (cf. quotidien sénégalais le Soleil du 9 juillet 2003).

Nous vous transmettons les salutations de la Coordination des Associations de Réfugiés Mauritaniens au Sénégal, par la voix de son président Samba Koliadjo Diallo, à laquelle se joignent, celle du président de L’Association des Mauritaniens Réfugiés au Sénégal (AMRS) Amadou Samba Bâ et celle du président de l’Association des Réfugiés Mauritaniens au Mali (AREMMA) Cheikh Oumar Ndiaye.

vendredi, février 16, 2007

diaisma

diaisma

jeudi, mai 11, 2006

Retour du Flam en Mauritanie

Les FLAM-Rénovation : "Le manifeste du négro-mauritanien opprimé mal compris"
Les Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM), une organisation qui prônait la lutte armée, sont nées on se le rappelle en 1983 (14 mars) dans un contexte marqué par de graves restrictions à la liberté dans le pays. En réaction à la publication du Manifeste du Négro-mauritanien opprimé, un pamphlet au vitriol distribué à l’époque lors d’un sommet de l’OUA, le pouvoir émergeant de Ould Taya n’y était pas allé de main morte en procédant à une vaste campagne d’arrestations et d’exactions contre la communauté négro-mauritanienne dont une bonne partie des cadres furent victimes de cette répression aveugle.C’est en réaction à cette répression que les FLAM - dont les dirigeants ont été parmi les principales victimes - sont nées.
Ainsi après près de vingt ans de clandestinité, les FLAM qui, entre temps, ont connu une scission ont profité à la chute de leur bête noire pour rentrer enfin au bercail à la faveur d’une nouvelle main tendue par le CMJD.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le retour de la branche modérée des FLAM dénommée FLAM-Rénovation dont la mission exploratoire qui vient d’être reçue par les nouvelles autorités a donné une conférence de presse ce dimanche matin à Nouakchott pour clarifier ses positions.
L’approche du mouvement à l’égard de la situation du pays est consignée dans un document de FLAM-Rénovation datant d’avril 2006, un document qui a été distribué à la presse et aux partis politiques. Des précisions seront apportées au cours de la conférence de presse animée par des dirigeants du mouvement. Il s’agit de son Président Bâ Mamadou Moctar, du porte-parole Diagana Boubacar, de Hamedine Kane, chargé des relations extérieures et de deux membres du Conseil national, Diagana Ousmane et Thierno Diako. On notait au cours de cette conférence de presse une forte présence de la classe politique qui a été dans sa quasi-totalité représentée au plus haut niveau. C’est ainsi qu’en dehors du FP dont le président M. Chibh a fait une intervention très remarquée et très appréciée, on notait la présence dans la salle des représentants de l’APP, du Hatem, de l’UFP, du RFD, de l’AJD, de l’UNDD, des islamistes… La société civile était également très bien représentée sans parler de la presse qui ne tenait pas à manquer une telle sortie.

Les grands axes du mémorandum
Le mémorandum de FLAM-Rénovation tourne autour de 3 axes dont le premier fait un diagnostic de la " crise profonde et multiforme " que traverse le pays.
Ce passage dresse un constat de la crise multidimensionnelle que vit la Mauritanie depuis plusieurs décennies. " Cette crise peut-on lire a une dimension culturelle, identitaire et raciale et recouvre l’ensemble des secteurs de la vie de notre pays". Sur le plan politique, on note qu’après près de 20 années sous le règne du parti unique suivi d’un quart de siècle de régime d’exception et de pouvoirs personnels, " le peuple était privé de toute perspective de liberté, de justice et de démocratie".
Au plan économique, le développement du pays était bloqué, dit-on, non seulement par un environnement hostile mais aussi et surtout par " la mauvaise gestion des ressources, des choix d’investissement hasardeux engagés dans les années 80 et une mauvaise politique de redistribution des richesses engagées par l’Etat".
Au plan social, le document souligne la persistance de l’esclavage et le manque d’une réelle volonté pour son éradication. Il s’agit là fait-on remarquer d’un mauvais service pour l’image du pays. On souligne par ailleurs la crise des valeurs, la généralisation du chômage, les différences de traitement en matière culturelle et éducative et le statut quo actuel autour de la gestion des terres irrigables de la vallée.
Le " pacte de réconciliation nationale ", second point développé dans ce document. Là on peut lire qu’"en Mauritanie comme dans toutes les sociétés post-conflits, la réconciliation nationale est nécessaire. Celle-ci requiert d’abord la manifestation de la vérité et l’établissement de la justice sans complaisance aucune, mais aussi sans haine, ni esprit de vengeance", une belle leçon de tolérance qui préconise qu’il ne s’agit que de réparer et de pardonner. Pour ce faire, le document qui souligne que la réconciliation demande un minimum de volonté souhaite que les conditions soient créées pour l’établissement d’une culture de tolérance.
Enfin, le dernier point du document est axé sur les revendications des FLAM-Rénovation qui demandent, entre autres, l’urgence et la nécessité de connaître la vérité sur les violations perpétrées par les forces armées et de sécurité notamment les viols, les disparitions, les déportations, les exécutions sommaires et les massacres des populations.
Autre revendication, c’est l’organisation du retour des déportés au Sénégal et au Mali et leur intégration dans leurs droits. La nécessité de mettre fin à l’impunité. Enfin, la nécessité de mettre en place un organisme de surveillance et de lutte contre toute forme de discrimination. La décentralisation et le système éducatif figurent en bonne place parmi ces revendications.

Déroulement de la conférence de presse
Prenant le premier la parole, Diagana Boubacar, porte-parole du mouvement a remercié le public présent notant au passage qu’il s’agissait là de la première sortie des FLAM-Rénovation qui, disent-il en faveur du putsch du 3 août, ont profité de la brèche entrouverte par les nouvelles autorités pour rentrer au bercail. Nous revenons, dit-il, à un moment important dans l’histoire du pays.
S’adressant à l’assistance à son tour, Bâ Mamadou Moctar après avoir remercié la presse, les dirigeants politiques et les associations de la société civile pour leur présence massive qui, dit-il nous va tout droit au cœur, affirme qu’ils sont contents de revenir au pays après près de 20 ans d’exil. Revenant sur la création des FLAM le 14 mars 1983, il dit que l’objectif du mouvement c’était de faire prendre conscience à la communauté noire de sa situation de marginalisée. Donc c’est le fait d’avoir prôné un débat national et la nécessité d’une cohabitation que les FLAM avaient à l’époque provoqué l’ire des autorités. La répression qui s’en suivra allait inciter les dirigeants du mouvement -dont M. Bâ qui avait purgé plus de 3 ans en prison - à prôner la lutte armée contre le pouvoir en place. Fustigeant au passage ceux qui, à la veille de la chute de Taya, l’applaudissaient encore et n’eurent pas froid aux yeux de le vouer aux gémonies juste après sa chute, Bâ a vivement dénoncé la bassesse d’un tel comportement qui dénote d’une malhonnêteté flagrante et d’une déliquescence morale certaine. Donc, conclura Bâ, avec le CMJD, les FLAM-R ont compris que leur place est ici pour contribuer à la construction d’une société juste et pacifique. Bâ note que leur objectif présentement est de porter les problèmes d la communauté noire au rang de problèmes nationaux qui concernent toute la nation qui doit contribuer à les résoudre. Il affirma au passage qu’ils ne disposent pas de moyens et que leur principale arme se sont leurs convictions. Bâ a prôné la mise en place d’un pacte de réconciliation nationale pour penser la déchirure que vit le pays. Le rôle du politicien n’est pas, dit-il de pérorer à longueur de journée sur le problème des déportés et le passif humanitaire mais de contribuer à la solution des problèmes en s’impliquant totalement et en prenant des initiatives courageuses et constructives.
Après cette intervention très applaudie du président des FLAM-R c’est autour de M. Chibh, président du FP qui tenait à témoigner son soutien et sa solidarité qui, dit-il, ne date pas d’aujourd’hui aux dirigeants de ce mouvement pour qui il a souhaité la bienvenue en Mauritanie. Chbih s’est empressé de souligner, nous ne sommes pas plus mauritaniens qu’eux. Au contraire, ils ont eu le courage de dire non à l’arbitraire à un moment où aucun n’osait lever le petit doigt. A ce titre, nous devons leur rendre hommage. Les FLAM poursuit Chbih, ont toujours été diabolisées et ses membres présentés comme des ennemis de la nation et pour être mauritanien aux yeux des ex-dirigeants, il fallait enfoncer les FLAM. Nous au FP dit Chbih, nous avons refusé cette voie. Présentant les FLAM comme le plus important des mouvements contemporains en Mauritanie, M. Chbih affirme que trois mois durant, il a eu à discuter avec les dirigeants de ce mouvement à Paris pour créer un front de lutte commun ; ce qui lui avait d’ailleurs coûté très cher. Il est impossible de faire la Mauritanie sans eux, clama Chbih. Depuis 60, dit-il, on a commencé à faire une politique d’exclusion d’une partie des Mauritaniens. Pour Chbih qui n’a pas manqué de rappeler ses origines et ses liens étroits avec les Négro-mauritaniens, cette exclusion ne nous a pas été léguée par nos ancêtres et c’est une mauvaise voie. Il faut accepter ces gens, conclut-il, c’est là un premier pas. Nous sommes à un tournant dans la politique d’unification de ce pays.
Après ce vibrant témoignage du président du FP, on fit la place aux questions des journalistes.
A la question de savoir si les dirigeants des FLAM-R ont été reçus par les autorités, Bâ répondra par l’affirmative, disant qu’ils ont été bien reçus par les plus hautes autorités du pays à commencer par le président du CMJD. On a discuté à cœur ouvert des problèmes du pays. La diabolisation des FLAM, ils ont compris que c’était du bluff souligna-t-il.
A une question sur leur nouveau cadre de lutte, Bâ dira que les FLAM-R sont une structure provisoire qui n’a pas de légitimité. Pour le moment, ils entreprennent cette mission exploratoire. Deux options seront ensuite possibles soit intégrer un parti politique ou en créer un.
A la question de savoir s’ils vont tourner la page en faisant table rase de leurs vieilles revendications, M. Bâ a prôné le réalisme en politique en sachant affronter les problèmes en tentant toujours de les dépasser.
A la question de savoir s’il est vrai que les divergences avec l’autre branche des FLAM avaient porté sur la question, de l’autonomie, il affirma que pour arriver à une solution des problèmes de la communauté noire, plusieurs options étaient envisagées dont l’autonomie effectivement et même le fédéralisme. Par ailleurs, il a jugé ridicule la position de leurs adversaires qui les accusent de légitimer et de crédibiliser le CMJD.
Un journaliste a posé la question de savoir si le problème mauritanien est un problème de race ou de classe. En réponse, le porte-parole du mouvement a souligné que le manifeste du négro-mauritanien opprimé ne traitait pas spécifiquement une question identitaire mais il se trouve qu’il a été mal compris. Pour Bâ ce texte a été falsifié et fut l’objet de manipulations dans le but de discréditer ses initiateurs. En conclusion à cette question, Bâ a appelé à œuvrer pour abattre les barrières entre les communautés du pays qui vivent en autarcie repliée chacune sur elle-même. C’est très grave, dit-il, car le temps presse.
Intervenant à son tour, un ancien dirigeant d’une association de réfugiés a souligné que 32.500 réfugiés sont déjà rentrés au pays, la majorité, précise-t-il. Mais le problème reste entier. Ils sont marginalisés. Sur les 539 fonctionnaires rentrés au pays seuls 5 ont été réintégrés car disposant de bras longs. Près de 150 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur et 200 agents de santé courent toujours derrière une réintégration au moment où le pays qui a cruellement un manque de ressources humaines a besoin d’eux. Ce dirigeant appelle les FLAM-R à orienter leur lutte sur ce terrain là ce que ces derniers ont promis de faire.
C’est ainsi que les rideaux sont tombés sur cette conférence de presse qui a montré qu’il faudrait désormais compter avec les FLAM-R qui en décidant de ranger leurs Kalach et en acceptant d’arborer une tenue politique prouvent par là qu’il est toujours possible d’avancer pacifiquement.
par ISMAILA SALIF DIA(propriétaire du blog)

mercredi, mai 03, 2006

PRESENTATION du blog


Bonjour à tous,je me presente d'abord,je suis mauritanien(brakna:departement de m'bagne,commune niabina,village:M'bahé),je suis étudiant à l'université du maine,en France en licence math-informatique,j'ai eu l'idée de créer ce blogue pour informer aux gens et les donner donner certaines informations supplementaires mais aussi d'essayer de les faire distinguer l'information et la propagande.
bon, je vous invite tous à consulter ce blog quand vous voulez car il contiendra des ennuies que les mauritaniens ont connus,souffrance des etudes à l'etranger que les jeunes mauritaniens ont connus due à leur nationalité,sur les refugiés mauritaniens en belgique,france,etats-unis et au senegal mais aussi des corruptions et des anomalies qui se passent en Mauritanie ainsi que dans toute l'afrique mais aussi le racisme en mauritanie et dans la monde,il y aura des photos pour mieux vous informer.Dans quelques jours nous allons commencer ce travail,soyez attentifs et rigoureux mes cher(e)s ami(e)s.donc dans qlqs jours s'il plait à Dieu.